Vers le nord

Ce livre de bord relate notre voyage en Russie et vers le nord du Japon.

Otaru , le 20 novembre 2016

L'hiver à Hokkaido il neige de 4 à 6 mètres. Les japonais qui sont des perfectionnistes ont pris des dispositions pour lutter contre la neige et augmenter la sécurité qui nous laisse pensif et parfois admiratif. Ci dessous quelqu’un de ces dispositifs

Sur cette photo il y plusieurs solutions japonaises aux routes glissantes et enneigées.

Cette imposante armature métallique qui entoure le temple nous a laissé longtemps sceptique . Dans un premier temps on a pensé que c’était pour soutenir le bâtiment en cas de tremblement de terre et bien non c'est pour éviter que la neige qui tombe du toit finisse sur la chaussée ou le trottoir !

Ça aussi ça nous a donné à réchéchir. C'est des barrières anti-congère de neige escamotables pour qu'on voie les champs l'été...

On a longtemps pensé que c’était un cassette à journaux et bien non c'est une cassette pour stocker du sable en cas de verglas sur une route un peu pentue.

Le même modèle mais en moins luxe

Cette machine au magasin de bricolage nous aussi beaucoup étonné. On a d'abord pensé que c'était une machine à traitement de l'eau polluée comme nous avons chez nous dans les garages et les lavages de voiture. Et bien non c'est une fondeuse à neige que vous enterrez devant votre  maison au niveau de votre parking. Quand il neige vous l'ouvrez et  poussez dedans la neige avec votre pelle et comme c'est chauffé la neige fond et est évacuée par les tuyaux d’écoulement. Il fallait y penser !!!

Les camping cars japonais

Comme Hokkaido est grande et pas très habitée, il y a de la place. C'est la seule île du Japon où nous avons vu des camping cars.  

Ce modèle construit sur la base d'une mini camionnette japonaise est seulement pour une personne.  Il est largement plus petit qu'une place de parking.

Le modèle normal.

Côté droit d'un Toyota Hiace qui semble normal.

Et voilà le côté gauche élargi. Comme les véhicules japonais sont plus étroits que les européens, ils ont rajouté une pièce pour élargir l'intérieur.

Otaru , le 12 octobre 2016

Hokkaido est l’île la plus au nord du Japon, elle a une superficie de 85.000 Km2 soit 2 fois la Suisse pour seulement 5.500.000 habitants dont 1.700.000 à Sapporo la capitale régionale. Il reste de nombreux espaces vide et c'est pour les japonais un lieu de vacances prisé. La nature est très présente avec beaucoup de parcs naturels où les ours y sont nombreux, ils s'aventurent parfois dans les villes. L'hiver, les chutes de neige sont importantes parfois jusqu’à 5 mètres par année. L’agriculture est très développée. Il y a des fermes laitières qui fabriquent de très bon fromage.

Les japonais étant des citadins, de nombreux espaces naturels inhabités occupent l'île.

Le cap Samui devant lequel nous sommes passés en arrivant de Russie et très sauvage. Les alentours sont aménagés en parc régional et de nombreux touristes s'y promènent.

Ici la mer est bleue et la côte magnifique.

Visite du traditionnel jardin japonais Nakajina à Sapporo .

Vue de Otaru depuis le sommet du mont Tengu qui culmine à 532 m. On y accède par la route ou en téléphérique.

Les pistes de ski du mont Tengu partent de 532 m et finissent en ville au niveau de la mer. Il y a quelques installations de remontées mécaniques toutes assez vielles ainsi qu'un téléphérique 30 places.

Principale attraction touristique, le canal attire de nombreux touristes ainsi que des croisieristes. Chaque semaine un paquebot fait escale.
Ce canal date de 1900 lorsque les grands bateaux mouillés dans la baie déchargaient leurs  marchandises dans de petites barges qui remontaient le canal jusqu'aux dépôts. Tous ces bâtiments ont été restaurés et abritent des restaurants, des musées et des magasins. Les bâtiments sont construits en pierre sur une armature en bois.

A Yoichi une ville proche se trouve la distillerie de whisky Nikka . Elle produit depuis 1934 quelques uns des meilleurs whiskys du monde au grand dam des Écossais.
Son fondateur Masataka Taketsuru est parti 1918 en Ecosse apprendre l'art du whisky. Il y rencontra Rita qu 'il épousa et qui l'accompagna lors de son retour au Japon en 1920.Il créa d' abord la distillerie de whisky Yamasaki qui est aussi fameuse dans le monde pour la société Suntory. En 1934 il se met à son compte et construit la distillerie Nikka à Yoichi. Le climat de Hokkaido assez semblable à celui de l’Écosse lui paru propice à produire du whisky.


Otaru , le 13 septembre 2016

Notre traversée s'est bien passée avec des conditions parfois assez musclées avec 20 noeuds de vent dans le nez. Un sac plastique s'est coincé dans l'hélice durant la nuit et cela nous a ralenti. Nous avons dû envoyer notre heure d'arrivée précise aux gardes côtes japonais avant notre départ et une nuit à 4 noeuds n'arrange pas la moyenne... JC a demandé aux gardes côtes de répondre à la VHF sur le canal 16 dès notre rentrée dans les eaux territoriales japonaises au large de Hokkaido que contrairement à leur habitude ils devaient respecter les règles internationales. Le message a dû passer car au 2 eme appel, ils ont répondu en anglais. JC leur confirme notre heure d'arrivée. Ils nous demandent aussi si on a l AIS on leur répond que oui . Ils vont nous suivre toute la nuit , nous faire changer de routes pour éviter des fermes à poissons . Au lever du jour nous avons voulu nous rapprocher de la côte mais ils nous ont rappeler à l'ordre. Nous avons obéi et continué au 105 comme ils nous l'avaient précisé. C'est la première fois que des gardes côtes japonais nous parlent à la radio!!!
Nous arrivons et mouillons dans le port de commerce pour attendre l'heure d'arrivée que nous avions donnée. A l'heure dite nous entrons dans le port, le directeur de la marina nous attend au ponton et nous souhaite la bienvenue. L'officier de quarantaine arrive avec Ses documents et la sangle de sa casquette passée sous le menton pour ne pas la perdre, suivent les douaniers qui inspectent le  bateau. Ils nous font des tests de drogue sur les mains. La fouille et assez rapide et exécutée avec des gants blancs. Nous pensions avoir tout vu au Japon mais cette fois les douaniers nous demandent de venir leur montrer nos valises quand nous quitterons le Japon pour retourner en Suisse pour l'hiver. Jc leur demande s'il faut aussi venir les montrer lorsque nous reviendrons en avril prochain . Ils disent que non . On leur promet de passer les voir avant de partir. Tous les jours quelque chose de nouveau semble être le slogan du Japon.
Le directeur de la marina Akira San nous mène en voiture au bâtiment de  l'immigration . Toute les démarches on été liquidée en 1 heure avec la gentillesse habituelle des autorités japonaises.

Après 430 Mn nous arrivons en vue des côtes japonaises. Les pêcheurs nous on tenu compagnie durant la nuit avec leurs énormes ampoules qui attirent les poissons et illuminent l'horizon.

Nous nous approchons doucement de la marina qui se trouvent au pied des silos à ciment.

Nous voilà dans la marina où Anthéa va passer l'hiver.

Vue d'ensemble de la marina qui appartient à Yamaha et qui comme toujours au Japon est  impeccable. Nous sommes les seul à habiter sur un bateau.

Vladivostok, le 10 septembre 2016

Après 2 mois d'une escale inédite et très intéressante, nous préparons notre départ. Malgré les difficultés pour obtenir le visa, la traversée assez musclée depuis Pusan , les risques liés à la Corée du Nord ( les missiles ou l'arraisonnement par les gardes côtes dans les eaux internationales) la chaleur de l'accueil des Russes nous a surpris et appris à apprécier ces gens que l'on ne connait pas. Ils sont loin des clichés véhiculé par les médias. C'est le seul pays ou une personne nous a accompagné pendant 10.000 km pour nous faire découvrir son pays, merci Ylia.

D'être le premier voilier à faire escale dans un pays a des inconvénients pour les démarches administratives mais ici tout le monde a manifesté un grande volonté de nous aider à venir et à nous faciliter la vie tout au long de notre séjour. La barrière de la langue est vite tombée.

Un grand merci à nos hôtes et amis russes
Mikkael
Tatiana
Ilia
Ylia
Denis
Nicolai
Youry
Iurri
Dimitri
Serguei
et ceux que j'oublie

Spacibo beaucoup Russia
до свидания

Notre séjour à Seven Feet, cette marina de style méditerrannéen avec amarrage sur une pendille, ses 3 restaurants se termine. Cela nous a fait du bien de revenir en Europe après ces années en Afrique et en Asie. L'importante activité nautique pendant le cours été nous a beaucoup surpris. Souvent les 3/4 des bateaux de la marina sortent naviguer. Les grands yachts sortent plusieurs fois par semaine. Les bateaux de 40 pieds et plus ont un marin à  l'année qui s'occupe du bateau, ce qui fait que la marina est toujours vivante.

Le 10 septembre la météo semble favorable entre 2 typhons. Ylia, Denis et Viera sont venus nous dire aurevoir et nous voilà partis. Nous devons nous arrêter au quai du port pour l'immigration et prendre à nouveau un agent et le payer 200$.

Nous naviguons 120 Mn dans les eaux territoriales russes avant de traverser vers Hokkaido. La côte n'est pas très peuplée mais très découpées Nous passons devant la ville de Nakhodka qui avait été construite pour accueillir les cargos durant la guerre froide car Vladivostok était un port militaire et fermé aux bateaux étrangers.
Les Nord Coréens continuent de faire des essais de missiles balistiques en mer du Japon. Suivre la côte russe nous permet de nous éloigner et de traverser en toute sécurité.

Seven  feet marina Vladivostok, le 24 aout 2016

Nous visitons Vladivostok et ses environs. Principale porte de la Russie sur le Pacifique la ville est envahie de voitures d'occasions importées du Japon c'est à dire avec le volant à droite pour rouler à droite.
La Chine est distante de 60 km , avec la chute du rouble la Russie est très bon marché. De nombreux touristes chinois viennent y faire du tourisme et du shopping.
Les Russes sont débrouillards . Il nous est arrivé plusieurs fois à la caisse du magasin de ne pas avoir la carte de fidélité du magasin pour avoir un rabais de 10 % et la caissière demande une cliente de prêter sa carte, tout ça en excellent russe.
Notre fille Diane et son ami  Fred sont venus nous rendre visite en Russie. Nous sommes ici dans un des restaurant de la marina

Vladivostok est toujours une base militaire importante pour la marine russe sur le Pacifique.
Cet ancien sous-marin est une des attraction majeur de la ville

Un ancien bateau de guerre russe que l'on peut visiter se trouve juste à côté du dernier modèle de destroyer lance missile .

Chaque jour à midi précise, Vladivostok résonne du coup de canon de la marine de guerre.

Pour occuper la longue période d'hiver, les Russes pêchent à travers la glace. Ils font de la voile sur glace et pour ceux qui aiment les sports motorisés il y a les courses de motos sur glace.

La marée haute, cumulée avec une basse pression et un typhon a fait déborder la mer. C'était la première fois que les Russes voyaient ça, nous aussi.

Les pluies torrentielles ont bouché les écoulements et emporté les grilles, cela n'inquiète pas les automobilistes,le trou est signalé par un pneu ou  une branche pendant plusieurs jours voire même semaines.  

On profite de notre séjour pour aller voir un ballet au théâtre Mariinsky de Vladivostok.

Seven  feet marina Vladivostok, le 31 juillet 2016

Comme nous avons un peu de temps nous décidons de rentrer à Vladivostok en train. Le voyage fait 9300 km et dure 7 jours. Le prix du billet en deuxième classe (coupé c'est à dire 4 dans le compartiment ) coûte 360 € à comparer au 170 de l'avion. Mais le transsibérien est un train mytique.  
Gare Loroslav (yaroslavsky) point de départ du Transsibérien à Moscou
 

La "Provodnitsa" (ou le Provodnik quand c'est un homme ) s'occupe du wagon 24h sur 24 h, ils sont 2 par wagon. Ils contrôlent les passports des passagers à l'embarquement et montent la garde à chaque arrêt. La Provodnitsa "Eliana" parfois pendant les courts arrêts ne nous laissait pas descendre du train et ils étaient plus longs, elle nous faisait remonter dans le train au moins 10 ninutes avant le départ. Elle avait peur que nous manquions le train. Elle ne parlait pas un seul mot d'anglais et prenait son travail très au sérieux.

On a acheté nos billets à la dernière minute . On étiat dans les couchettes du haut en 2ème classe (coulé). Nos deux co voyageurs russes ne parlaient pas l'anglais et dormaint la majorité du temps ce qui fait que nous passions la majorité du voyage allongé sur notre couchette, dans le couloir ou au wagon restaurant.

Le wagon restaurant est au milieu du train . Les boissons et repas sont assez chères pour les Russes. Il est assez peu fréquenté.

L'installation la plus importante du wagon, le samovar permet d'avoir de l'eau chaude à disposition 24h sur 24 . La majorité des Russes se nourissent de nouilles instantanées et de soupes.

Toutes les 3 ou 4 heures, le traisn s'arrête de quelques minutes, parfois 45 minutes quand il change de locomotive. Parfois nous sommes au quai d'une gare ou comme ici coincé entre 2 voies.

Avant de repartir après chaque arrêt, le contrôleur de chaque wagon se met à la porte et signale au moyen d'un petit drapeeau que tout est en ordre.
L'avantage de cette téchnologie c'est qu'il n'y a pas de risque de panne électrique ou informatique. Les Russes sont très pragmatiques et utilisent souvent des techniques simples mais éprouvées qui ne peuvent pas tomber en panne avec le froid.

Comme les journées sont longues, on fraternise avec les autres passagers. Ici nous sommes en compagnie de Micheline, une tchèque qui travaille à Leukerbad et Pablo un Franco Espagnol qui aime bien la Russie.
Jusqu'à Irkourks au bord du lac Baikal, quelques étrangers voyageaient avec nous. Ils se sont tous arrêter pour visiter la ville et prendre le train qui va à Ullan Bator en Mongolie. Il est rare que des étrangers fassent le voyage complet jusqu'a Vladivostok. Ils préfèrent prendre le transmonglolien ou le Transmanchourien pour aller à Pékin.

A chaque arrêt des cheminots contrôlent les roulements et les freins de boggies en tapant des coups de marteaux.  

Parfois le paysage change un peu et nous sortons de la foret pour longer une riviere
C

Seven  feet marina Vladivostok, le 23 juillet 2016

Vladivostok n'etant pas très grande, la visite de la ville est assez rapide. pour nous occuper pendant notre sejour Julia l'epouse du captain d'un grand yacht nous propose d'aller a Moscou et à St Pétersbourg. Comme nous sommes en Russie autant en profiter pour visiter le pays. Nos visas stipulent seulemt Vladivostok et Nakhodka comme ville étape mais ca ne semble pas préocupé les Russes. Le vol jusqu'a Moscou dure 8.5 heures et coute 12.000 Roublesoit 170 € .
Nous allons passer 5 jours à Moscou et 4 jours à St petersbourg.
De gauche a droite Lènine, JC, Veronoca, Marlène, Staline, Julia devant le Kemlin

Relève de la garde de la tombe du soldat inconu au pied du Kremlin. La Russie a payer le plus lourd tribu pendant la 2 eme guerre mondialeavec plusde 20.000.000 de morts

N° 1 des monuments les plus incongrus du monde Cette merveilleuse sculture avait etait faite pour celebrer les 500 ans de la decouverte de l amerique par Chistoph Collonb. elle etait destinée a Miami. La ville n'en ayant pas voulu l'artiste a reusii a la vendre a la ville de Moscou en changeant la te te par celle de Pierre le Grand. Le problème est que Perre le Grand a dechu Moscou de son role de capitale de L'empire russe au profit de St Pétersbourg . Il n'yest pas tres populaire.

Ne pas vendre la peau de l'ours avant ! Au marché de Izmailovsky ils en vendent

Petrehof à coté de St Petersbourg fut la residence de Pierre le Grand, tsar de Russie.

Incontournable et grandisone la vistede l'Hermitage est un Must.

Seven  Feet Marina Vladivostok, le 15 juillet2016

Des Russes que nous avions connu à Busan nous font visiter la ville et ses environs. La ville qui compte 600.000 habitants  est située entre plusieurs collines, ça ne va pas être facile à vélo. On l'appelle la San Francisco de Russie.
L'économie est principalement tournée vers l'Asie. La frontière chinoise est à 2 heures de bus. Avec la chute du rouble il y a de nombreux touristes chinois. La majorité des voitures sont importées d'occasion du Japon, elles ont le volant à droite ce qui fait un peu drôle car les Russes roulent à droite pas à gauche comme les Japonais.
En compagnie de Youry(au centre) nous faisons un tour de ville et admirons un des ponts suspendus que Vladimir Poutine a fait construire pour accèder à l'ile Rusky pendant la réunion de  L'APEC (Asie Pacific economic conference) qui a duré 3 jours.

Nous sommes allés voir dans un parc des tigres de Sibérie. Ils sont plus grands que les tigres du Bengal. C'est le 3 eme plus grand  prédateur terrestre après l'ours de Kodiak et l'ours brun.
Avec sa robe d'été il est vraiment impressionant.

Dans ce parc il y a aussi d' autres animaux présents dans la région,ici un hibou.

Julia notre amie et guide pour cette journée a fait monter à cheval Menbal qui n'avait jamais vu de cheval d'aussi près.

Les Russes aiment bien la nature et vont fréquement camper le week end. C'est en traversant cette petite rivière que mon appareil photo est tombé dans l'eau. Il n'a pas supporté le bain.

Cette région était très volcanique, nous ne sommes pas loin de la ceinture de feu du Pacifique.

Un autre jour, Julia nous a emmenés visiter une base militaire russe. Jc se rappelle sa période de l'armée ici à côté du camion atelier d'un régiment de char.

Seven  Feet Marina Vladivostok, le 12 juillet 2016

Après avoir fini les formalités, nos deux équipiers coréens ne peuvent pas revenir sur le bateau qui se trouve dans une partie du port qui est hors douane. Nous partons seul pour la marina qui se trouve de l'autre côté de la presqu'ile à une distance de 6 miles.
L'accueil des navigateurs russes est très chaleureux. Ils sont très contents que des étrangers viennent leur rendre visite. Nous revoyons certains des participants de la Pusan Super Cup ce qui nous facilitent aussi la découverte de la ville..
Le sud de la presqu'ile est balisée par un phare et un énorme pylone a été construit pour amener le courant sur l'ile de Rusky qui se trouve en face.

Malgré le fait que nous soyons à la latitude de Florence l'hiver le port est pris par les glaces.
La proue des cargos et des ferrys qui naviguent dans la région sont dessinées pour monter sur la glace et la casser.

La saison d'été est très courte, les Russes profitent de cette période pour se marier au soleil.

Après une heure de navigation nous arrivons en vue de la marina

C'est Seven Feet Marina qui nous acceuille pour cette escale.

Tatiana et Ilya de la direction de 7 feet Marina nous attendent au ponton d'arrivée. Nous y resterons quelques jours avant qu'ils nous trouvent une place à l'intérieur.

Nous sommes dans la marina à la place d'un voilier en réparation. De nombreux Russes nous rendent vistent. Avec notre pavillon suisse nous faisons vraiment exotique. Personne ne se souvient avoir vu un bateau étranger venir ici.

La marina et son yacht club sont très actifs avec l'école de voile.

Il y a aussi des autres associations qui s'entrainent dans la marina. Les rameurs sur ces canots sortent chaque soir.

Pour occuper les jeunes pendant la saison froide. ils peuvent naviguer sur la glace

Un énorme batiment dans le plus pur style soviétique sert de bureau pour la marina ainsi que pour les autres associations. Il y  aussi les douches, un fitness , une salle de sport. L'intérieur est beaucoup plus engageant.  

La marina est de style méditerranéen. On s'amarre sur des pendilles, il n'y a pas de marée. Trois restaurants accueillent les nombreux curieux qui viennent voir la marina

Technologie russe et peut-être souvenir de l'époque soviétique les tuyaux de chauffage à distance collectif sont apparents et on en voit encore partout en Russie.

La saison etant très courte, chaque semaine il y a une ou plusieurs régatte organiés par 7 Feet yacht club. Nous avons assisté au départ de l'une d'elle au coucher du soleil.

Les Russes naviguent sur toute sorte de bateaux, ici deux exemples assez particuliers.

Vladivostok, le 8 juillet 2016

Notre prochaine étape est la Russie. La distance n'est pas très importante, 520 miles soit un peu plus de 3 jours de navigation. Nous faisons un assez grand détour pour éviter de passer près des côtes Nord Coréenes.
Un petit voilier russe ELFIN qui rentrait de la Pusan Super Cup a été arraisoné par des pêcheurs nord coréens et escorté jusqu'en Corée du nord. Il se trouvait à 90 milles des côtes soit largement en dehors des eaux territoriales. Pour rappel un mille nautique vaut 1852 mètres.
Un pays exerce un contrôle total dans ses eaux territoriales qui vont jusqu'à 12 miles de la côte. Après jusqu'à un maximum de 200 milles, il peut exercer un contrôle sur l'exploitation des ressources naturelles , pêches, forage pétrolier, etc. de sa zone exclusive économique (ZEE). Dans cette zone il ne peut pas exercer un contrôle miltaire ou douanier.
Ce qui est arrivé à ELFIN est apparenté à de la piraterie . Les Russes on été libérés après un jour en disant que c'était un malentendu. Ils avaient toujours les auto-collants de course de la régate de Busan en coréen. Les pêcheurs ont pensé que c'était des espions sud coréens. Nous sommes à coté d'Elfin àa la Marina de Vladivostok, ils nous ont racconté leur mésaventure en détails.

Deux amis coréens nous accompagnent pour cette traversée. Si nous sommes arraisonés par des Coréens du nord, ils auront beaucoup plus de problèmes que nous avec nos passeports suisses. Pour éviter des problèmes nous avons decidé de rester un maximum en dehors de ZEE nord coréenne. Nous la traverserons seulement durant 40 milles ce qui nous fait un détour de 25 milles.

La Russie du côté pacifique n'est pas fréquentée par les voiliers de passage. Vladivostok a été longtemps la base de marine militaire russe pour le Pacifique et de ce fait complètement fermée aux étrangers.

La loi ayant changé, les Russes que nous avons rencontré à la Busan Supercup Regatta voulaient vraiement que nous venions leur rendre visite, les bateaux étrangers pouvant venir plus facilement, Il fallait quelqu'un pour tester la nouvelle loi.
Nous avons testé
Pour venir en Russie il faut un visa (sauf pour les Coréens on y reviendra). Un visa touriste de 1 mois peut-être obtenu dans n'importe lequel des consulats russes. Un visa d'un mois est trop court pour nous. Les conditions méteo peuvent nous obliger à différer ou avancer notre venue et départ. Nous avons besoin d'un visa de 3 mois qui nous donne une marge de sécurité. Par contre un visa de 3 mois ne peut être obtenu que dans son pays d'origine . Ne voulant pas retourner en Suisse pour demander un visa nous allons au consulat russe de Busan. Le vice-consul nous écoute avec attention, refléchit, téléphone et nous dit que nous pouvons avoir un visa humanitaire mais il faut une invitation des Russes.
J'écris au consulat russe à Genève qui me disent que ce n'est pas possible et qu''il n'y a pas de solution.
Apès 2 mois d'attente et  de nombreuses discussions nous avons une invitation du Comité olympique russe et de la fédération russe de voile. Notre visa est envoyé directement du ministère des affaires étrangères russe au consulat de Busan.

Une fois le visa obtenu il faut un agent sur place à Vladivostok car les autortés russes ne parlent pas l'anglais et il y a de nombreux papiers à remplir.

La traversée

Nous avons attendu quelques jours pour avoir une fenêtre météo favorable. Le premier jour de navigation se passe sous la pluie , dans le brouillard avec 20 noeuds de vent. La queue d'une dépression nous a permis d'atteindre 10,3 noeuds. Les jours suivant le vent est tombé et nous avons continué au moteur pour respecter l'horaire.
Nous rencontrons des bateaux de pêches nord coréen qui nous ignorent. J'ai quand même dû intervenir auprès de Menbal, notre équipier coréen qui voulait absoluument rencontrer des nord coréens. A la vue d'un bateau de pêche il a changé notre route pour aller les saluer "An-nyeong ha-se-yo" qu'il leur criait.

L'arrivée

Notre entrée dans les eaux russes c'est bien passée. Nous nous rendons au port de commerce. Il y a le long des quais des énormes pare-battage en caoutchouc noirs destinés à protéger les paquebots et les cargos. Un peu plus loin il y a un joli ponton recouvert de moquette. Nous décidons d'y aller, c'est plus comfortable. A peine amarré le télélphone sonne, c'est l'agent qui nous dit que nous ne sommes pas à la bonne place et qu'il faut aller au quai des cargos. Nous nous déplaçons. Un douanier russe avec une casquette comme dans les films nous attend et monte la garde pendant toute la durée des démarches administratives. Il nous passe une grosse passerelle en bois destiné au cargo afin que les officiels de l'immigration puissent monter à bord. La dame de l'immigration arrive en uniforme avec un immense ordinateur portable avec lecteur de passeport incorporé. Notre agent l'accompagne. Il commence à préparer des papiers et à les timbrer avec le tampon du bateau. Il doit y avoir une quarantaine de papiers en russe sur lesquels il a recopié toutes les informations que nous lui avions envoyées. Soudain dans la discussion en Russe j'entends le mot équipage et visa. Les coréens peuvent venir en Russie sans visa s' ils sont passagers mais sur Anthea ils sont équipages alors il faut un visa.
La dame appelle son chef qui vient sur le bateau. Après un long palabre en russe ils appellent le grand chef qui arrive aussitôt. Un compromis est enfin trouvé avec l'agent. Les Coréens seront passagers et doivent quitter Anthea, ils nous rejoindront à la marina. Tout le monde semble satisfait nous aussi. Les Coréens sont emenés car il faut un autre ordinateur pour les passagers. Après 1h1/2 à quai nous pouvons partir pour la marina distante de 6.5 milles. L'ensemble des formalités s'est bien passé avec le sourire malgré le problème des visas pour les Coréens. L'agent nous a été d'une grande aide. La quantité de papiers tout en russe serait impossible à remplir pour un étranger seul.
Notre premier contact avec la Russie est positif.

Nous nous rendons à 7 Feet marina de l'autre côté de la péninsule. Ilya et Tatiana nous attendent au bout du ponton visiteur. Ils sont très contents de voir que le premier voilier étranger soit arrivé sans encombre.

Dans cette partie de la mer du Japon il n'y a pas de marée. Nous nous amarrons cul au quai avec une pendille à l'avant comme en Méditerranée. Il y a un pub, 2 restaurants. Nous nous retrouvons en Europe après 8 ans en Asie et en Afrique. Il y a beaucoup de bateaux de régate, une très grande ecole de voile. Nous retrouvons des Russes que nous avions rencontrés à Pusan. Ils sont tous très contents de voir un bateau étranger venir dans leur pays. Youri nous emmène faire le tour de la ville. Julia nous fait visiter un parc à tigres de Siberie distant de 150 km.
Malgré que Vladivostok soit à la latitude de Marseille, nous sommes contents de dormir avec une couette
Départ de la marina de Pusan dans le brouillard, nous avons attendu une fenêtre météo favorable. La visibilté est de 200 m. Le radar et l'AIS nous aident à éviter les nombreux bateaux qui naviguent dans cette région.

Après un jour de navigation,nous passons près de l'ile de Ullung-do pour nous connecter à internet et prendre le dernier fichier grib du vent. Les Garde-côtes nous appellent pour nous demander, si nous nous arrêtons, nous leur répondons que non. Habituellement les bateaux russes s'arrêtent dans cette ile pour faire le plein.

Le soleil qui nous accompagne parfois est voilé continuellement

L'équipage au complet avec Joon Lee et Menbal.

Premier bateau nord Coréen qui nous ignore superbement. Nous en verrons beaucoup d'autre sans problème.

Coucher de soleil au large de la Corée du Nord.

Nous sommes tout au bout de la zone économique exclusive de la Corée du Nord  quand le radar se remplit d'échos.

Il s'agit d'une centaine de bateaux de pêche chinois qui chalutent par deux. La Corée du nord leur a vendu le droit de pêcher dans cette région. Ils s'arrêtent à quelques centaines de mètres de la ZEE russe sans y rentrer. Heureusement nous les avons passés de jour. La nuit cela aurait été plus compliqué de comprendre leurs routes desordonnées.

Menbal nous avait commandé de la nouriture militaire coréenne . Sur le paquet il y a une languette qu'on tire, ça libère de l'eau qui imbibe un produit chimique et qui éeagit en chauffant. Après 20 minutes le repas est cuisiné. Il suffit de mélanger le riz avec la sauce et de rajouter le traditionel kimshi.
( Le kimchi est un mets traditionnel coréen composé de piments et de légumes fermentés, souvent à base de chou chinois )

Nous arrivons à Vladivostok. C'est à partir de cette ile que Vladivostok Port Control nous prend en charge pour notre arrivée.

La tour de contrôle du port qui supervise le traffic.

Notre agent Gennady nous attend avec la passerelle en bois pour la dame de l'immigration puisse monter sans problème . A ses côtés le fonctionnaire à casquette qui surveille le bateau pendant les formalités.

Anthea 2016
) yaroslavsky